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26.03.2024

Projet AlteRCuivre : peut-on réduire les quantités de cuivre ?


Intrants viticoles

Protection du vignoble

Projet AlteRCuivre : peut-on réduire les quantités de cuivre ?

Le projet AlteRCuivre (2021-2023) vise à permettre aux viticulteurs biologiques et conventionnels, ainsi qu’aux conseillers qui les accompagnent, de s’approprier les méthodes (techniques et solutions alternatives) de protections disponibles, pour réduire les quantités de cuivre employées.

Face à une réglementation qui se durcit et des impacts environnementaux avérés, vous voulez renforcer la gestion intégrée du risque mildiou et réduire vos doses de cuivre ? Plusieurs leviers à effets partiels et combinables entre eux peuvent être mis en place pour réduire les quantités de cuivre utilisées sur vigne : variétés résistantes, Outils d’Aide à la Décision, biocontrôle, préparations naturelles, …

Capitalisation des essais et des connaissances

Les objectifs d’AlteRCuivre sont de capitaliser les ressources déjà existantes (exemple : fiches techniques, témoignages, résultats d’essais), de les rendre accessibles, et de proposer un parcours d’accompagnement, pour les viticulteurs et les conseillers techniques, répondant à leurs besoins. Les Chambres d’agriculture de la France entière se sont mobilisées pour réaliser cette étude : Nouvelle Aquitaine, Gironde, Dordogne, Occitanie, Provence-Alpes-Côte d’Azur, Alsace, Champagne. Cette participation nationale permet de mettre en évidence des données représentatives intégrant la diversité des conditions pédo-climatiques des vignobles de France. AlteRCuivre prend donc bien en compte la variabilité des pressions liées au mildiou, principale maladie de la vigne pour laquelle le cuivre est utilisé comme moyen de lutte direct.

En effet, le cuivre est un des seuls produits minéraux, avec le soufre, autorisés par le règlement européen de l’agriculture biologique pour lutter contre les bactéries et les champignons. Notamment, en viticulture, le cuivre est le seul fongicide utilisable en agriculture biologique contre le Mildiou présentant une efficacité suffisante pour assurer une vendange saine.  Au niveau européen, le cuivre est approuvé comme substance active pouvant être employée dans des produits phytopharmaceutiques utilisables dans tous les pays du territoire de l’Union européenne (règlement d'exécution (UE) 2018/1981 de la Commission du 13 décembre 2018). De par sa persistance dans les sols et sa toxicité pour les organismes aquatiques décrites dans le rapport de l’EFSA en 2017, le cuivre a été approuvé pour uniquement 7 ans à compter du 1er janvier 2019, soit jusqu’au 31 décembre 2025 contre les 15 ans prévus pour les autres substances réapprouvées.

Actuellement les nouvelles dispositions réglementaires européennes limitent l’emploi du cuivre à 28 kg par hectare sur toute sa période d’approbation, correspondant à une dose moyenne de 4 kg de cuivre métal par hectare et par an, ce qui permet de « lisser » cette dose de 28 kg sur 7 ans, en appliquant des doses variables d’une année à l’autre.

Quels moyens pour limiter l’usage du cuivre ?

Le premier levier consiste à limiter son usage, c’est le principe d’efficience. Cela se traduit par la prophylaxie, le déclenchement du traitement ou non et par la modulation de dose suivant la pression mildiou du moment, la sensibilité du cépage et du stade, le volume de la haie foliaire… Pour cela il est capital de consulter les outils d’aide à la décision comme Optidose® de l’IFV et de s’assurer de la qualité de pulvérisation. Le cuivre est un produit de contact, les organes non couverts ne sont donc pas protégés en cas de développement du mildiou. Des formations sont dispensées tous les ans par Gérard Besnier (chargé de mission agriculture de précision, Chambre d'agriculture Pays de la Loire), elles permettent une prise en main et une vérification des réglages par les vignerons.

Le second levier concerne l’ensemble des éléments qui pourraient remplacer au cuivre, c’est le principe de substitution. Il concerne notamment : les produits de biocontrôle, les Préparations Naturelles Peu Préoccupantes, les méthodes physiques. A ce jour, ces solutions pourraient remplacer le cuivre dans des conditions de pression mildiou très faible à faible suivant les contextes. Dès que la pression augmente, ces solutions ne suffisent pas. En revanche leur utilisation conjointe avec des solutions à base de cuivre permet de conforter des doses inférieures à 400g Cu métal/ha par passage. Les solutions de biocontrôles regroupent notamment le COS-OGA, l’huile essentielle d’orange douce, cerevisane, Bacillus amyloliquefaciens et les phosphites (non utilisable en AB). Les PNPP concernent particulièrement, les extraits de plantes issus de saule, de prêle et d’ortie, les lécithines, le fructose et le saccharose. Les méthodes physiques connues sont les flashs UV-C et les systèmes de couverture automatisés (essais). Vous pouvez consulter des informations techniques plus détaillées sur le site EcophytoPic, centre de ressources cuivre. 

Le troisième levier est basé sur le principe de reconception du système de production. Les variétés résistantes au mildiou sont bien sûr concernées. Une vingtaine de variétés présentant des gènes de résistance au mildiou et à l’oïdium sont disponibles au catalogue national officiel des variétés de vigne. Elles nécessitent très peu de traitements phytosanitaires. Pour les nouvelles variétés, elles sont peu à peu prises en main par les vignerons et la gestion du mildiou pour limiter les phénomènes de contournement de résistance demande à être affiner avec l’expérience et les observations de terrain.

Au final, à ce jour, comment réduire voire abandonner l’utilisation du cuivre ? En combinant plusieurs leviers dans une approche systémique de conduite des cultures : Qualité de pulvérisation, positionnement des traitements, défenses naturelles des plantes, biocontrôle, ... Il s’agit de repenser son système plutôt que de chercher un produit de substitution. C’est la gestion intégrée des cultures ! Retrouvez les fiches techniques récapitulatives sur le site de la Chambre d’agriculture de France.

 

Florent BANCTEL, conseiller viticole Chambre d’Agriculture Pays de la Loire (CAPDL)

 

Pour plus de précisions :

Florent BANCTEL, conseiller viticole CAPDL, 06 45 70 22 15, florent.banctel@pl.chambagri.fr

Antoine CUEGNIET, conseiller viticole CAPDL, 07 86 43 03 38, antoine.cuegniet@pl.chambagri.fr

Gérard BESNIER, chargée de mission agriculture de précision CAPDL, 06 30 48 35 49  gerard.besnier@pl.chambagri.fr

 

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